Plume hallucinogène

 

 


J
'écris pour la même raison que je respire, parce que si je ne le faisais pas, je mourrais.

Isaac ASIMOV

Bienvenue


"LA poésie mes chers amis, est l'incarnation sacrée d'un sourire

  La poèsie est un soupir qui sèche les larmes.

  La poésie est un esprit qui habite l'âme, qui se nourrit du coeur et dont l'affection est le vin." 

  "Khalil Gibran"

ptits mots doux

quel jour on est?

Juillet 2008
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Et voilà nous y sommes!
Cette soirée a un goût d’inéluctabilité. Ça ne serait pas si pathétique, que j’en rirais.
Bof, après tout, si on ne peut même pas rire du malheur des autres, rions au moins du notre.
« S’engager, est-ce perdre sa liberté? ». C’était un de mes sujets de philo.
Avec le recul, ce n’est pas seulement sa liberté qu’on perd.
Petit bilan des dégâts.
Visite du champ de bataille: gisent pèle mêle, dans un état déplorable, mon orgueil et un peu de ma fierté, le gros de mes espoirs, et une masse informe larmoyante et vainement amoureuse ,mon cœur, général de mes troupes en défaite. Unique responsable de cette déroute: Elle.
Elle?
La seule, l’unique. L’innommable. L’auteur de mes peines. L’artiste de mes tourments.
« Engagez-vous qu’il disait, engagez vous… »
21h30!
Elle arrive, en retard comme à son habitude.
La grisaille de l’instant contraste avec sa lumineuse entrée.
Elle est belle.
Non.
Elle est.
Elle s’avance.
Les arabesques de fumées, nées des esquisses des quelques dandys et autres célibataires pseudos endurcis, faisant virevolter dans les airs d‘un geste souple du poignet, ainsi que le peintre son pinceau, une cigarette; ces arabesques dansent autour d’elle, et elle semble apparition. Flaubert aurait aimé. Flaubert l’aurait aimé.
Je me sens comateux;
la lumière tamisée, cette entrée fantasmagorique,
les quelques verres absorbés, mon chagrin, et les fantômes de mes larmes,
tout cela donne à cette scène les allures d’un songe.
Elle s’avance.
Dans quelques pas, je pourrais sentir son parfum.
La grisaille de l’instant de dissipe. Le voilà figé.
Le temps est un salop.
Il prends un malin plaisir à nous faire souffrir.
Plus elle s’avance plus je regrette, plus je regrette plus il s’arrête.
Je souffre donc elle avance.
Je souffre donc il s’arrête.
Puisque Chronos se fout de ma gueule, profitons pour l’admirer encore.
Ses seins.
Ses seins, généreux comme les pleurs du nouveau né, véritables cornes d’abondance, promesse de plaisirs et de réconfort.
Ses seins, moulés par ce pull cachemire noir, avec un col roulé,
ses seins, dressés comme les mamans antillaises fières d’elles, de leur patrimoine.
Ses seins, qui m’avaient tant plus par le passé.
Ses seins qui accueillirent mes secrets, s’émurent de mes baisers, épongèrent mes pleurs.
Ses seins, ce soir, libre de tout soutien, se dressent à ma face avec arrogance, défiance et vanité.
Elle s’avance.
Son parfum se répand ainsi qu’une mauvaise humeur.
C’est un souffre exquis, l’infernale fragrance d’un paradis perdu.
Elle s’avance.
Amuse toi Chronos.
Prend plaisir de mon malheur, et accorde moi encore le temps de la contempler. (à suivre…)

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Dimanche 23 avril 2006
 

«Ce n’est pas un roman, ce que je te raconte est ordinaire, oui je suis un type ordinaire, un bon peintre en lettre. Je sais faire de belles lettres de toutes les formes, sur toutes les surfaces, de toutes les couleurs. Ensemble elles forment tes rêves, dessinent mes délires, paysages enchantés où je te regarde grandir. Je ne suis pas artiste, juste réveur. Ce soir, je suis ailleurs, mais si près. Simplement, je vis de liberté et me perds dans de vastes souvenirs. Tu me manques mon fils . Soit fier de ton père, il l'est de toi. Pourquoi cette lettre? Pour que tu saches. Je te l'ai dit, je suis un homme ordinaire, parti à la quête de sa destinée. N'y vois pas une aventure, ou la poursuite d'une quelconque « légende personnelle », je suis juste un homme, perdu loin des siens. Je peinds, j'écris, et dessine mon monde. A défaut de m'intégrer dans ce monde je crée le mien. Je voyage, découvre le monde, et le recrée dans mes lignes. Crois moi, tu me manques, et ta mère... mais je devais le faire. Partir pour me retrouver. Je vais au gré de mes rencontres. Dors sous le ciel, et discute avec les étoiles. Si je te dis tout cela, c'est parce que je suis ton père, que tu me manques. La liberté a un prix, vivre loin de sa famille. »


« Louis, j'ai reçu ta lettre. Tu me parles d'aventure, de légende personnelle, de destiné et de rêve. C'est beau. Mais c'est fou. Ta liberté est un songe, et les vastes espaces que tu arpentes, ne sont que l'expression de l'inanité de ton existence. Tu n'es pas libre, bien au contraire, tu es prisonnier de ton alinéation. Tu penses créer? Tu n'es que destructeur. Je t'interdis de parler de ma mère. Tout sauf çà. Elle te manque? La faute à qui? J'aime lire tes lignes, elles me font sourire. Il semble que tu y crois. C'est drôle, mais j'aurais presque de la peine pour toi. Perdu tu l'es, mais il n'y a plus de « tiens », tu es seul, et tu le mérites. Tu aimes te décrire comme un réveur, tu cherches tant que çà à fuir ton cauchemard? Tu dors entre quatre murs. Et les seules lignes qu'il te reste vraiment, ne sont plus que l'ombre des barreaux de ta cellule. Hé oui, tu es en prison. Ta famille, c'est le prix de ta folie, ta liberté, juste un dommage colatéral. Ne m'appelle plus « fils ».
J'aurais pu être fier de toi. Tu écris bien.Tu aurais pu devenir quelqu'un.
Dommage Louis, 44-57-21
Fleury Méreugis le 30/08/86 »

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Dimanche 23 avril 2006
 
Atelier d'écriture.
03/10/05
« Travail sur fenêtre sur cour ». Alfred Hitchock.
Consignes: Inventaire du perso.
Contexte: où, quand, comment, quoi?
Etat psychologique du personnage.


C'est le rituel de rasage quotidien, sur fond d'introspection.Célibataire, artiste raté sans enfants. Il aime à se décrire comme « juste une érection qui les rendait heureuses ». Il se voulait lumière, mais il n'est qu'abât jour. Il s'acharne à trouver La partition, et est trop orgueilleux pour renoncer.
Il refuse de se suicider, il fume et attend que çà passe, que la clope fasse le boulot, il espère que ses doutes se dissiperont en même temps que la fumée. Cette fumée pourtant légère comme le souffle du juste, lui paraissait brouillard dans cette chaude matinée d'été.
Il étouffe, se lève, la chaleur? Alors pourquoi ce frisson?
Nostalgie, d'une vie rêvée. Et la radio qui lui rappelle sa médiocrité: « vous avez 40ans, vous vous sentez fatigué, abattu, vous rêvez d'une vie nouv... ».
D'une pression de l'index il tue cet ersatz de conscience. Silence.
Un ange trépasse. Un bouton, une gachette. Quelle différence? Le même résultat: le silence.Il se rase, et la lame lui semble promesse d'un ailleurs meilleur.
Il s'arrête au niveau du cou.
La lame, froide comme une exécution, lui semble la plus douce des caresses.
Il reprend méthodiquement son rasage. Aujourd'hui encore, il vivra. Il veut payer, il doit payer.
De l'extérieur, cet homme bien sur lui, aux allures ténébreuses qu'ont ces artistes maudits révant de romance et d'exaltation; cet homme bien sur lui, pouvait paraître séduisant.
Un peu nerveux, avec un regard mélancolique. Mais les femmes n'aiment-elles pas les hommes torturés?
A en croire sa misère affective, non. Des maîtresses? Innombrables. L'Amour? Une chimère.
Lui qui révait de gloire, en guise d'autographes, il signe des bons de livraisons comme autant de testaments.
Çà y est, il est rasé. Il de douche, se touche, se douche. S'habille.
Son piano l'attend. Pour lui, une plaie réconfortante. Il traverse sa chambre, et la vaste salle à manger. Héritage de ses parents, cet appartement lui apparait aussi vide que lui est seul.
Il ne mérite pas ce confort, et il le sait.
Il s'assoie...
Les touches de ce piano s'enfoncent comme autant d'épines dans sa mémoire. Un bouton, une gachette. Les touches de ce piano? Quelle différence?
Il joue, et c'est la guerre.

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Dimanche 23 avril 2006
 
Atelier d'écriture, 24/10/05
Imaginer que le personnage fait un choix différent, mais c'est un choix antisocial, à l'encontre de ce que l'on attend de lui.

Miroir, miroir.. dis moi qui est ce gros con, en face de toi?
Encore une journée, encore mes soupirs, encore une journée de ces débectants sourires.
Et quoi? De toute façon, je les emmerde. Ces métrosexuels-électrofunkypunkdemédeux. Oui je résiste à la pub, leur tracts, leur formatage. Merde aux capitalistes, aux altermondialistes, et aux èremmistes.
Je dois choisir un camp Bien sûr.
C'est humain. Ben voyons!
Désormais, j'emprunte la voie la fatalité. Aléa jacta est. Et que les biens-pensant, continuent de jacter. Je suis l'Etre Humain. Les autres, je les rencontrerai dans le sens opposé, quand je cesserai d'arpenter la voie de la sincérité.
Antisocial? Marginal? A coté de mes pompes?
Mieux vaut à côté qu'enfoncé dans mon crâne.
J'ai 40 ans, et 3 grammes de cholestérol, une femme, un jeune con de fils digne de son père.
Et je me casse, je vais voir ailleurs s'ils n'y sont pas. Ailleurs, seul, loin. Quitte à se faire chier, autant le faire avec quelqu'un qu'on aime.
L'homme, un animal social? Chuis juste un animal. Un animal qui les emmerde.
Surprise! Cette fois, c'est la bonne, je me casse! Çà me ressemble pas? Tant mieux!
Bazin avait raison, je pense donc je contredie.

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Dimanche 23 avril 2006

playlist: purple dreams

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