Aigre est ma couleur, s’enflamme la mélanine,
Nègre est ma douleur, ses paroles se font morphine.
Il ne reste plus que l’encre pour éponger mes pleurs,
Cette « tâche » de votre histoire assombrit mon avenir, j’ai peur.
Des idées nègres plein la tête, je songe à Solitude.
Devrais-je reprendre la lutte d’Ignace contre la servitude?
Renier ma mère ébène pour une fol coche Républicaine?
Éclaircir mon identité pour intégrer ta race humaine?
Car c’est la vraie la question. A défaut de la mienne tu te voiles la face.
Tu me dit « typé » pour atténuer ma « race ».
Et tu me parles »ethnies »quand tu penses « tribu ».
Tes pré-jugés me condamnent, et j’en paie le tribut.
Je dois courir, danser, te faire rire pour mon droit d’exister,
Faire taire ma fierté, mon âme et grandir frustré.
J’enrage, mais malgré tout je ne te hais point. Tu es mon frère.
Tu es le descendant de Marianne, et tes pères sont les lumières,
Mes racines sont obscures. Adopté par ta mère, fils d’un père fouettard.
Je suis fils d’esclavage, ma mère est République, et pour toi, mon frère, je ne suis qu’un bâtard.
ptits mots doux