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                "LA poésie mes chers amis, est l'incarnation sacrée d'un sourire

  La poèsie est un soupir qui sèche les larmes.

  La poésie est un esprit qui habite l'âme, qui se nourrit du coeur et dont l'affection est le vin." 

  "Khalil Gibran"

quel jour on est?

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ptits mots doux

Plume hallucinogène

 

 


J
'écris pour la même raison que je respire, parce que si je ne le faisais pas, je mourrais.

Isaac ASIMOV

Mardi 24 avril 2007

Je sombre, lentement, tel l'opinel dans la chair adolescente.

sans lutter, ni me battre.

Je sombre.

Fatigué. Las d'être ce satyre diurne.

dans une danse lubrique s'attirent devoirs et plaisirs dérisoires

Je sombre, et je suis seul.

L'obscur teinte l'espoir.

Le futur feinte d'y croire.

Je sombre et je suis seul.

Milles et un potes: invitations, dîners, sourires, tapes dans la main, bières, cigarettes, bouteilles, blagues, drague, dagues.

Je sombre et je suis seul.

Cette ville m'étouffe, cette vie me bouffe.

Paris me ronge, mort à rallonge.

Je sombre et je meurs seul.

Tunnels dévoreurs d'âmes, soleil froid, et lumières blanches.

Existence halogène, rengaine hallucinogène. J'en gerbe.

Je sombre, et reste seul.

hypocrisies, défaites, faux semblants, et prestidigitation sociale.

Pantins antipathiques, sympathiques pathétiques, pitoyable bouffons.

Je sombre et préfère rester seul.

Ses lèvres par les miennes embrassées

moi s'écrivait toi, et nous formions un chiasme enlacés.

Je sombre, je l'ai laissé seule.

Colère, rancune, mépris de moi, épris de toi.

Elle me manque, milles excuses, et mes larmes fusent.

Je sombre, moi qui voulais être seul.

Cette ville est un trou noir, qui absorbe les rêves,

Cette ville est un miroir, qui met face à soi même.

Je sombre, et gamberge seul.

Bold as love. écrits et rumeurs d'alcôves.

Soupirs tuberculeux, et vapeurs d'alcools.

Je sombre, et m'imbibe seul.

Que le vin coule, et mes larmes abreuvent la foule.

Mon sang gicle, dans un mouvement de panique,

Je sombre, et me répands seul.

Ainsi paraît-il que l'on est.

Ainsi paraît-il que l'on meurt.

Je sombre, je suis né seul.

par kreyoll publié dans : chroniques de mes nuits blanches
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Vendredi 22 décembre 2006

Paris triste capitale.

 Et un rasta me rappelle que nos larmes sont notre seul courage

les lumières des Champs ne sont que mirage.

Paris peine capitale.

peuplée d'individus gris et sans visages,

de souterrains voraces et anthropophages.

"bienvenue dans le monde réel" me surine sans rage,

 un manteau noir qui me parle de matrice et me dévisage.

Paris règne du capital,

et le bonheur se rêve en degrés, dans d'alcooliques nuages

et le bonheur s'écrit THC, je t'aime "j't'ai acheté", quelle est la valeur ajoutée de mon entourage?

PARIS en lettres capitales

sur dépliants touristiques, en séances photos sauvages.

carton, OCB, bonheur effrité, narre moi tes paysages.

 rap, rock, punk, techno, métro et mélodieux carnages

rive gauche, Chatelet, ratures et raclures, tournons la page.

par kreyoll publié dans : chroniques de mes nuits blanches
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Jeudi 14 décembre 2006
Trois heures du mat', posé devant le néant cathodique
qui observe narquois mon mélo chaotique,
l'odeur de tabac froid à des relents névrotiques,
mon mal bourgeonne, mais laisse Baudelaire sceptique.

Café noir, encre noire, blafarde lueur,
agonie sourde d'un impersonnel computer,
vers enflés, veines gonflées, improbable cutter,
garot mental, gare au social, TF1 est un leurre.

Un triste bougre, rêve d'étoiles sur fond de calypso
et le génie poétique dépend d'un sondage IPSOS.
Paradis publicitaires, artificiers du cerveau.
Triste siècle; mon âge d'or c'est apocalypse now.

Kubrick, marchand d'oranges, et fils de Saturne,
céleste mécanique, SMS, esprit qui sature,
écran noir, Hendrix, feuilles blanches et ratures.
Puissants narcotiques que Star Ac' et littérature.
par kreyoll publié dans : chroniques de mes nuits blanches
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Jeudi 14 décembre 2006
J'ai surpris dans ma couche une négresse cambrée
qui s'emmélait dans mes draps tel un serpent ambré.
Je l'ai trouvé comme suppliante, ou offerte à moi,
était-elle sacrifiée ou infortunée proie?

De ses yeux un sifflement sensuel s'adressait à mes sens,
s'écoulant comme l'essence subtile d'une somptueuse fragrance.
Et mon âme fut emplie d'un fantastique ravissement,
à mesure que glissaient le long de sa chair, les draps doucement.

Tendrement je caressai du regard ce paysage doré,
d'ébène et de courbes moites, de saveurs enchantées.
Semblable au crépuscule, la lueur d'une chandelle
sur la pointe d'un sien, esquissait un chef d'oeuvre charnel.

Interdite, surprise, envoutée, mon âme comme stupéfaite,
du charme tentateur d'une nature si bien faite,
sombre un instant dans un délire métaphysique.
Etait-ce une déesse incarnée, ou une galante onirique?

J'ai surpris dans ma couche une négresse cambrée,
qui s'emmélait dans mes draps tel un serpent ambré.
Chaque soir depuis, j'espère en ce doux rêve,
maudissant le jour, et l'ègoïsme d'une nuit si brève.
par kreyoll publié dans : chroniques de mes nuits blanches
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Jeudi 23 novembre 2006

Il voit sa vie passer en délires nocturnes
Quand son âme en transhumance dans les prairies de Saturne
Brebie galante, folle béate, vierge volage;
Heureuse de perdre encore son scriputral pucelage,

Se pâme d'extase dans un silence de plomb
De la vigueur dorée d'un verbe si prompt.
Jaillit alors le murmure d'un soupir coupable,
De son être tout entier flatté d'un plaisir redoutable.

Aldutérine sa plume se moque du jour,
lui préfère la lune, le tamisé d'un abat-jour.
Car les ténêbres hésitantes sont propices aux fantasmes;
Parfumées de rêves quand le jour sent le miasme.

Elles enchantent ses sens à mesure qu'elles s'éffeuillent,
Plongeant son âme dans un délicieux deuil.
Alors qu'ennivré par des émotions si intenses
Se révèle en lui, un impérieux tempérament affamé de jouissance.

Ainsi chaque soir, lancé en quête de plaisir
Dans l'obscur d'une chambrée, il se met à écrire.
De ces nuits blanches se dévoile la vraie nature,
Du poête, escalve aimant de luxure et écriture.
par kreyoll publié dans : chroniques de mes nuits blanches
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Jeudi 16 novembre 2006

Pourquoi alors dormir, si la nuit est propice aux rêves?

 

Pourquoi rechercher le repos du guerrier diurne?

 

Supplier les yeux fermés, de la vie une trêve,

 

ou exciter la malice d'une faucheuse taciturne?

 

Je préfère la plume alerte, les sens en éveil,

 

Me laisser aller à la douce folie d'une âme somnolente.

 

Mon obscure chambre ne devient qu'instants et merveilles,

 

S'illuminant de la danse de nymphe nonchalantes.

 

Mon cadavérique plafond, d'une pâleur manifeste,

 

S'anime soudain d'arabesques multicolores.

 

Grandiloquent, il allie la parole au geste,

 

et murmure la mélodie du cliquetis de bracelets d'or,

 

D'une déesse ébène qui ondule langoureusement,

 

Au rythme mystique d'une chanson de Gainsbourg;

 

Avant de lover ses courbes amoureusement

 

dans les ruelles de mon corps, dans ses faubourgs.

 

par kreyoll publié dans : chroniques de mes nuits blanches
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Jeudi 16 novembre 2006

 

 

 

Mes démons sont insomniaques,

et s'amusent de mes nuits blanches.

Dans l'absurde d'un érotiste maniaque

S'écoule le flot vivant de mes hanches.

Ils martèlent mon âme de cent pas cadencés;

Le Diable danse sous ma couche, car la bête irascible,

Connaît les penchants honteux d'une chair insensée;

Et mon coeur, cet hypocrite, lui pourtant si sensible,

Aux charmes d'un pêché aux frontières si subtiles,

Me juge et me condamne, fantoche moralisateur.

Alors nait en moi une culpabilité versatile,

A la croisée de l'odieuse piété, et de la sournoise candeur.

 

 


par kreyoll publié dans : chroniques de mes nuits blanches
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