pas à ma place
Des ectoplasmes, des êtres sans visages ; vides de sens, vides d’essence.
Cette impression de solitude, de gène.
Je ne suis pas à ma place, et un ailleurs suppliant me conjure de m’en aller.
« Je voulais être seul, trop tard j’étais déjà né ».
Et je ne suis aujourd’hui qu’un étranger de plus. 6 milliards d’étrangers dirait Desproges.
Des formes s’agitent autour de moi, me menacent puis m’embrassent, elles m’enlacent.
Je trépasse.
Des rires hypocrites, des soupirs condescendants, un brouhaha stupéfiant.
Je ne vois plus les hommes, j’entends leurs mesquineries.
A écouter leurs cœurs, j’ai vu mon âme en sanglots.
Triste.
Le paysage se brouille, ma conscience me renie.
J’étouffe.
Je me noie dans une flaque de larmes, comme tiré vers le fond par autant de fant-hommes, et de bonnes intentions vengeresses.
Ma détresse…leur allégresse.
Je sombre.
Les ténèbres m’enveloppent m’accueillent comme une nouvelle matrice maternelle.
Je suis bien.
Ne me parvient du monde que l’écho d’un murmure agonisant.
J’ai trouvé mon ailleurs.
NON!
La bile conquiert chacune de mes papilles,
mon goût pour l’amertume me ramène brutalement à la vie,
encore une fois,
à mon insu,
extirpé de ma matrice.
Renaissance, retrouvailles avec la violence.
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