2e épisode (si on peut appeler çà un épisode, disons que c'est la suite, le deuxième jet, enfin l'inspi qui m'est venue...) laissez vos comentaires....

Publié le par kreyoll

   
 
 
     Comment en suis-je arrivé là?
Par quelle farce cynique du destin me suis-je retrouvé dans ce bar, admirant une dernière fois l'auteur sublime de mes tourments?
Flash-back!
C’était une de ces journées mal commencées, et assurées de finir en compagnie d’une pizza froide, un coca chaud et un vieux porno des années 1980’.
Bref une journée normale dans la vie d’un célibataire de 25 ans , bedonnant, imbu de lui-même et fatalement, désespéré.
Il faisait beau. Il fait toujours beau quand tout va mal. La ville reprenait son rythme épileptique. Calme, sereine, comme plongée dans un coma profond. Les uns et les autres animés d’un mouvement uniforme affichaient des mines grises sous un soleil radieux. De ce ballet monotone, se dégageait alors une sensation métallique et glacée, une sensation de mort.
Et parfois, par intervalles irréguliers, imprévisibles et aussi soudainement qu’une catastrophe naturelle, ce microcosme urbain, cet être de ferraille et de béton, comme las d’admirer la fixité de son quotidien était pris d’ardents soubresauts.
Et cette sérénité morbide se brisait en un éclat multi-sonore.
Ici des rires, plus loin des cris, par là des pleurs et des badauds . Un brouhaha sourd, déchiré de cris ardents.
Bref répit effervescent avant le retour de l ‘assommante monotonie.
Lentement, la ville extravertie comme une fille sous GHB, retombe dans son autisme.
Au milieu de cette schizophrénie ambiante, j’avais l’impression de faire partie du mobilier urbain.
Constant, immuable et indifférent à l’ordre chaotique environnant, à l’instar du buste de Félix Éboué sur la Place de la Victoire, j’errais.
J’errais et j’aurais pu dire que j’ai arpenté cette ville sous tous ses angles.
J’aurais pu dire que j’ai été son amant le plus fidèle le plus passionné, que nos ébats m’avaient épuisé, qu’elle en sortait en fleurs, et moi rayonnant de sueur. J’aurais pu dire que je connaissais ses crises de courroux, que ses folies étaient miennes, et que mieux que quiconque, je la connaissais.
Mais ma dépendance, le réconfort de ses rues et l’état de lourdeur post coïtal qui m’envahissait lorsque épuisé et béat je regagnais mon triste domicile, tout cela avait fini par me convaincre que c’était cette ville qui me connaissait. Que c’était elle qui m’habitait, et que moi je défilais sous ses pas. Que c’était elle qui pestait contre mes retards, mes blocages, et mes insuffisances.
En cette journée de mai, alors que les esprits s’émouvaient de la commémoration de l’abolition, je savais que cette ville serait ma dernière et plus fidèle compagne.
J’errais donc, deux euros en poche, Jimi Hendrix dans le crâne, un surplus capillaire masqué grossièrement par une casquette délavée, une éternelle sucette Chupa-Choups au coin de la bouche, un bermuda bagghi réclamant l’euthanasie, un marcel sur le dos et une paire de reef.
Véritable allégorie du laisser aller.
Et même si mon avenir était un cul de sac, même si je faisais peine à voir, et que ma seule certitude était l’imminence d’un fond que je m’appliquais à toucher, sans être ni heureux, ni vraiment malheureux, je me sentais bien mieux, qu’assis, perdu et pantois dans ce bar.
(à suivre...)
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Publié dans nouvelle

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A
Ton début de nouvelle est rès interressant mais tes phrases sont un peu longues parfois. Ton perso est déjà vieux à 25 ans c'est marrant. J'ai hate de voir ce qu'elle lui a fait cette petite.
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D
Vrai, vrai, vrai, je vois de quelle ville tu parles.C'est une vision qui a du vrai dedans, si fait.Et cet homme là qui marche, oui, si fait, il y a du vrai là dedans, et je le pense vraiment, ici et maintenant.
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K
Et voila la conversation qui a suivit ce commentaire.... Dar-ko faudra qu'on remette çà! PS: c'est du messenger, donc l'orthographe et la cohérance sont pas toujours au rendez vous ;)<br />  <br /> Darko:Il y a des villes où on marche. J'en connais une où, si on veut aller quelque part, il faut savoir prendre ses pieds pour arriver quelque part. <br /> Kréyoll:De ces villes où l'on reste immobile et qu'elles déboulent sous vos pieds ? De celles où la chaleur et le bruit vous enlacent comme une femme amoureuse ? <br /> D: SI fait. Dans mes souvenirs, il y a toujours le soleil, Celui de dix heures, quand certaines rues sont encore seulement conquises par les lève-tôt.<br />  K:Un soleil moqueur, un soleil coquin, un soleil complice, Un soleil qui d'un oeil attentionné surveille les allées et venues des marchandes et des amoureux, des voyous et des curés. <br /> D:Celui de midi, sous lequel traînent ceux qui n'ont rien de mieux à faire, se baladant sous les étals, se bousculant entre eux . Celui de l'après midi, impitoyable avant quinze heures Dont les plus lâches se cachent, et que les plus fous adorent <br /> K:quand celui de seize heures fait fondre votre sorbet au coco en un torrent de saveurs:<br />  D:Et vous caresse le visage, avec son ami l'alizé <br /> K:Et celui de 18h encourage les amours interdites, sur la place st john perse, Ou dans les dédales de la rue frébault <br /> D:Ou sous les Anciens de la victoire Ceux qui ont vécu l'histoire Et qui murmurent avec le vent, chantant au soleil par les ombres leur joie de s'élever et de vivre, encore. J'ai d'autres souvenirs.<br />  K:Le souvenir de ces hommes sans familles, dormant sous les étoiles, quémandant un peu d'humanité à des passants toujours plus impersonnels Le souvenir du ballet des âmes, de la course folle des êtres, Qui, victimes d'une fatale destinée traverse la vie-le comme on traverse le temps, Poussés vers une inexorable fin, extra muros, ds les faubourgs et les quartiers populaires.<br />  D:Le sol qui se porte à ma rencontre. Une voix qui n'existe pas, qui me dit: allons plus loin, toujours, encore Ne nous arrêtons pas..marchons, on verra où on arrivera. Cette ville, on la dit laide. Pour moi, c'est tout à la fois un désert quand je me lance sur ses pavés blancs, Un rêve quand je me risque dans ses ombres, et quand le soleil me traque dans ses recoins délaissés, Une réalité quand on m'interpelle, et que les voix distantes derrière mes écrans invisibles pénètrent mes barrières. La beauté y existe; elle y est périlleuse. Elle signifie danger quand on cherche un repos Mais c'est là que je suis née, et c'est une vieille amie, dont j'ai jusque là assez connu les travers pour ne pas tomber dans ses filets.. C'est une ville où l'on peut se tenir droit...si on connaît ses rythmes, ces odeurs…sa lumière.
M
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