l'insomniaque
Pourquoi alors dormir, si la nuit est propice aux rêves?
Pourquoi rechercher le repos du guerrier diurne?
Supplier les yeux fermés, de la vie une trêve,
ou exciter la malice d'une faucheuse taciturne?
Me laisser aller à la douce folie d'une âme somnolente.
Mon obscure chambre ne devient qu'instants et merveilles,
S'illuminant de la danse de nymphe nonchalantes.
Mon cadavérique plafond, d'une pâleur manifeste,
S'anime soudain d'arabesques multicolores.
Grandiloquent, il allie la parole au geste,
et murmure la mélodie du cliquetis de bracelets d'or,
D'une déesse ébène qui ondule langoureusement,
Au rythme mystique d'une chanson de Gainsbourg;
Avant de lover ses courbes amoureusement
dans les ruelles de mon corps, dans ses faubourgs.