instants sur la ligne A
Mon coeur tempête à mon crâne, me murmure, m'interpelle, me dit;
que j'ai les idées noires comme Chatelet une nuit, un samedi;
Qu'y rêgne comme sur Paris, un atmosphére de solitude, et l'arrière goût des larmes amères,
d'une anonyme égarée dans cette rame de RER;
Qu'un apprenti Bob Marley, caressant sa guitare,
malgré son cri de rédemption, ne saurait couvrir le fracas du désespoir.
Et avec un poême parlant d'amour éperdu,
un mélancolique, un mélomane, une demoiselle au sourire perdu;
nous formions un quatuor étrange dans le fracas de la féraille,
glissant dans nos mondes comme balottés par les rails.
Planant puis sombrant, tour à tour dans cette rame;
méditions solitaires sur notre délicieux drame.
Peut-être voyagions nous vers cet ailleurs lointain;
que j'espère autant que redoute la venue du matin.
De cette rencontre fantasmagorique m'est restée une émotion,
une idée, une pensée, une larme sur une partition,
une inspiration, un signe, un rêve;
des lignes une impression, trop brêves.