du plaisir d'écrire 2
suite au commentaire de mon cher ami crazyfraizy sur le plaisir d'écrire, j'ai décidé d'approfondir la question.
Il y a de cela un an et demi, dans une quête éperdue de reconnaissance de mon hypothétique talent pour l'écriture, j'ai envoyé quelques textes à mon professeur de littérature. Admirable de prudence, et de tact, il me demanda si j'avais vraiment quelque chose à dire, et surtout pourquoi j'écrivais. Après de long mois de blocage et de réflexion, ces quelques lignes devraient répondre à cette question.
Du plaisir d'écrire.
J'aime à comparer l'écriture à une partie de jambes en l'air. Non pas pour le plaisir rapide, sans engagement et presque malsain qui en découle, mais pour la vanité du geste. Faire l'amour, baiser, s'envoyer en l'air, forniquer, bref atteindre le septième ciel après un nombre plus ou moins grand de frottements selon la forme, le désir, la fougue, sans optique reproductive, c'est aussi écrire. Ecrire parce que l'acte n'a rien de constructif, il ne s'agit pas de laisser une trace, un message, un gosse, un héritage. Il s'agit du plaisir. Simplement du plaisir. Plaisir atteint apres contact de la plume sur le grain délicieux de la feuille, de mes doigts se promenant amoureusement sur un clavier offert sans conditions, plaisir atteint après un nombre plus ou moins grand de caractères, selon la forme, le désir, la fougue.
Mais tout cela n'est que verbiage intellectualiste.J'écris pour le plaisir que cela me procrure, plaisir de la beauté des lettres, plaisir de combler mon lecteur. Car pour tout coït il faut au moins être deux. Moi qui écris toi qui me lis. Pas de message, pas de morale, pas de but. Juste du plaisir. Un plaisir vain, gratuit, éphémère, lache, fuyant, intense, puissant, épuisant, égoiste, et pourtant si généreux.
Je n'écris pas avec mon sperme ou autre fluide du même genre, mais écrire pour moi relève de se plaisir que l'on se donne, sans forcèment s'engager par la suite.
Ecrire c'est aussi bien une passe rapide dans un hotel miteux, que la rencontre adultérine de deux amants, ou encore que le devoir conjugal accompli avec ardeur par la femme au foyer. Des choses à dire? Du plaisir à donner, du plaisir à prendre, du plaisir à partager.
Laisser une trace? Mis à part un sourire satisfait sur ta face et la mienne, aucune trace ne m'intéresse. Ces lignes sont une boite échangiste ou je m'envoie en l'air seul ou plusieurs, et chacun rentre chez soi. Et si par bonheur (Ô joie intense) l'orgasme littéraire est atteint, c'est béat et léger que tu t'en iras, ou me reliras...
Je ne suis pas satisfait de ces lignes, mais il est 4H40, je manque de sommeil, une jolie demoiselle s'est endormie à coté de moi.